Quatrième de couverture :
« Comment on va faire maintenant qu’il fait tout le temps nuit sur toi ? Qu’est ce que ça veut dire la vie sans toi ? Qu’est-ce qui se passe pour toi là ? Du rien ? Du vide ? De la nuit, des choses du ciel, du réconfort ? »
Mathias, trente ans mais une âme d’enfant, vient de perdre sa mère. Sans le géant qu’il rencontre sur le parking de l’hôpital, que serait-il devenu ? Giant Jack, « docteur en ombrologie », donne à son protégé une ombre, des libres, la capacité de vivre encore et de rêver malgré la douleur...
151 pages, Éditions J’ai lu, octobre 2006
Ce que j’ai pensé de cette lecture :
Mathias, environ trente ans, vient de perdre sa maman des suites d’une longue maladie. Tout aussi désemparé que son père et que Lisa, sa sœur, par l’annonce de ce décès, il ressent un immense vide en lui. Il va bientôt falloir s’occuper des funérailles : quelle tenue choisir pour la défunte ? Quel cercueil ? Quelle cérémonie ? Et alors qu’il attend le retour de son père et de sa sœur sur le parking de l’hôpital, Mathias fait la connaissance de Giant Jack, un géant tout droit sorti de son imaginaire qui va l’aider à traverser cette douloureuse période de deuil. Pour cela, il va lui prêter trois livres et un morceau de son ombre. Il sait d’ores et déjà qu’il ne parviendra jamais à combler ce vide laissé par la perte de sa maman, mais peut-être pourrait-il apprendre à vivre avec…
C’est avec une immense joie que j’ai retrouvé la plume de Mathias Malzieu, ayant adoré Le Journal d’un vampire en pyjama, et dont l’ouvrage Le Plus Petit Baiser jamais recensé avait été un véritable coup de cœur. Quel plaisir d’être à nouveau en présence de cette écriture poétique, féérique, de lire un conte traitant d’un sujet particulièrement difficile qui parvient malgré tout à en tirer quelque chose de positif ! Car même dans un récit ayant pour thème la perte d’un être cher, Mathias Malzieu ne tombe jamais dans le tragique, le pathos ou les phrases toutes faites. Non, il y a ici des mots qui rassurent, qui font du bien, de la poésie et une écriture qui portent le lecteur de la première à la dernière page.
Au début de l’ouvrage, nous sommes en présence d’un récit très réaliste, de la triste certitude due au caractère définitif de la perte et des souffrances engendrées par la mort d’une personne proche. Puis, à partir du moment où il fait la rencontre de Giant Jack, un être qui mesure plus de quatre mètres et qui est doté d’un fort accent écossais, nous sommes dans un univers onirique, fantastique. Par exemple, dans Maintenant qu’il fait tout le temps nuit sur toi, l’auteur va jusqu’à revisiter le mythe de la descente aux enfers, nous décrivant les personnes décédées comme des « fantômes [qui] se promènent avec des chauves-souris mortes en guise de parapluie ». Néanmoins, la fiction était peut-être parfois un peu trop singulière à mon goût, puisque, par moments, il m’est arrivé de décrocher quelque peu du récit.

